Grand photographe français disparu en novembre dernier, Olivier Metzger avait noué des liens forts avec notre rédaction depuis plus d’une dizaine d’années. Auteur de plusieurs couvertures du magazine entre 2010 et 2013, ce talentueux portraitiste manque déjà beaucoup au monde de la photographie et de la création. Par ces quelques lignes, nous avons décidé de lui rendre un dernier hommage.

La décision de consacrer nos pages photo à Olivier Metzger était évidente. Sa disparition le 2 novembre dernier à l’âge de 49 ans, à la suite d’un accident de voiture à Arles, fut accueillie comme une bien triste nouvelle pour nous tous. Tout simplement parce qu’on le connaissait depuis longtemps et parce qu’il avait participé à sa manière au succès du magazine depuis plusieurs années. Il fut notamment l’auteur de 18 couvertures pour les numéros 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 53, 54, 55, 57, 58, 59 et 60 et de plusieurs shootings mode. Il appréciait notre travail et c’était réciproque.

Nous l’avions d’ailleurs interviewé dans le numéro 42 en pour qu’il nous parle de son parcours, son travail et ses projets photographiques. Une entrevue qui signait le début d’une super collaboration avec un mec vraiment bien, talentueux, d’une gentillesse incarnée et toujours prêt à s’investir pour le magazine Focus. Au-delà de sa personnalité, Olivier Metzger était une pointure de la photographie.

Né en 1973 à Mulhouse en Alsace, diplômé de l’école de la photographie d’Arles en 2004, il s’était initié à l’image durant son adolescence en autodidacte avant que cela ne devienne plus qu’une passion durant ses années d‘infirmier dans les hôpitaux. Selon ses mots, la photographie tenait une place de plus en plus grandedans son existence pour qu’il passe à côté. C’est d’ailleurs lors de sa deuxième année à Arles qu’il reçoit le prix du festival offdes Rencontres Internationales, un premier tremplin pour lui puisqu’il enchaine par la suite les rencontres et les commandesalors qu’il n’est encore qu’étudiant. De fil en aiguille, il constitue son book grâce aux nombreuses collaborations avec les magazines, galeristes et autres graphistes qu’il côtoie. En quelques années seulement, il va devenir un référent pour lesrédactions qui le sollicitent régulièrement pour ses clichés.

A l’époque de notre entrevue, il disait être particulièrement attiré par la nuit car « on ne voit les choses que de manière parcellaire lorsque la lumière artificielle prend le relais ». Un moment privilégié pour lui et ses images sur lesquelles on observe avec attention un point lumineux ou une structure architecturale enrobés de noir. Il se laissait attirer par la lumière de la nuit pour construire son scénario et apporter un regard cinématographique à ses images. Il disait lui-même qu’il y avait quelque chose de l’ordre du roadmovie dans son travail.

Qu’il s’agisse d’une célébrité dont il tirait le portrait, d’un intérieur ou encore d’un paysage, Olivier Metzger utilisait la lumière comme peu d’autres pour diriger l’oeil sur des choses dissimulées et révéler les lignes de ses sujets avec toujours une inébranlable exigence de qualité.

Olivier Metzger aura collaboré avec de grands médias comme Libération ou Telerama, immortalisé à plusieurs reprises le Festival de Cannes, capturé des célébrités et des paysages aux quatre coins du monde, des scènes de vie….avec toujours autant de force et de précision. Un talent récompensé entre
autres par un prix spécial BMW en 2008 et une nomination au prix découverte des Rencontres en 2009. Il aura également exposé son travail à de nombreuses reprises à la Fiac, Paris Photo, à la fondation Hermès de Berne ou encore à la Maison de la Photographie de Moscou. Un grand photographe tout simplement.

Toute l’équipe de Focus Magazine présente ses sincères condoléances à Rosanna, la famille et aux proches d’Olivier Metzger. Un grand merci Olivier et repose en paix.