Figure du graffiti depuis la fin des années 80, Nasty signe la couverture de ce nouveau numéro estival. Très tôt influencé par le mouvement hip hop et le style new-yorkais, il signe les murs et les plaques du métro parisien avant d’être rapidement reconnu par le marché de l’art et les galeries internationales.
Nourri par son intérêt pour la calligraphie, ce spécialiste des couleurs vives et des lettrages travaillés est le parrain de l’édition montpelliéraine du festival Solid’Art 2022. Une excellente occasion de discuter un peu avec lui.

Hello Nasty, comment ça va ?
Hello, malgré tous les problèmes que le monde rencontre aujourd’hui, ça va, je ne
suis pas à plaindre et j’essaie d’être toujours positif !

Qui es-tu et que fais-tu ?
Je suis un artiste urbain, issu de la culture graffiti. J‘ai travaillé 25 ans comme
concepteur-rédacteur dans la publicité. Et récemment j’ai quitté ce monde pour me
consacrer entièrement au graffiti et à l’art. Une chance.

Sur quoi travailles-tu en ce moment ?
Sur toutes les choses que je ne pouvais pas faire avant, c‘est à dire sur la réflexion des
idées, de la direction que j’ai envie de prendre et sur un nouveau fonctionnement de vie. Je
travaille évidemment sur mes oeuvres, que j‘essaie de perfectionner et de faire évoluer.

Tu peux nous parler des Handstyle Sculptures ?
Ces sculptures sont une déclinaison de ma signature en 3D, le volume apporte une esthétique différente, ma signature devient un objet réel qu’on regarde différemment, on quitte la fonction éphémère du graffiti. C‘est aussi la rencontre avec des techniques industrielles de découpe, de façonnage et de rendu métallique obtenu grâce à des procédés fascinants. Je travaille avec des artisans et des machines qui m’apportent un savoir-faire et de nouvelles perspectives. C‘est nouveau pour moi et j‘y trouve un réel plaisir.

Qui sont tes clients ?
Mes clients, enfin mes collectionneurs sont très variés, ils viennent de milieu différent de tous âges. Le graffiti a fini par être accepté et il parle désormais à toutes les générations, donc pas de profils types, mais justement de nouveaux amateurs de tous horizons.

Tu es le parrain de Solid’Art Montpellier qui aura lieu en septembre prochain.
Explique-nous un peu le concept de l’évènement et ton rôle pour cette nouvelle
édition…

C’est un évènement qui permet d’offrir des vacances a des enfants qui en sont privés.
Être parrain, c’est l’opportunité d’aider une cause qui touche tout le monde. Je porte un message de solidarité et c‘est tout simplement le minimum que je puisse faire dans ce monde souvent injuste. C’est aussi une manière de présenter mon travail et de le partager avec un public nouveau. Le graffiti est un art offert à la rue alors contribuer à la cause de Solid’art me semble logique.

Ta collaboration la plus inattendue, la plus singulière ?
Toutes les collaborations que j‘ai pu faire sont inattendues et singulières, pour nous les gens
issus du graffiti, la reconnaissance artistique et sociale de ce mode d’expression était inattendue. Collaborer avec des marques et des univers aussi éloignés de notre culture, comme le luxe, le chocolat ou le sport est une belle récompense et une manière d’évoluer.

Celle dont tu rêves ?
Travailler avec une marque telle que Vuitton ou Baccara, pas forcément pour le coté
luxe et financier mais plutôt par rapport au savoir-faire et aux moyens dont ce milieu
dispose pour réaliser tes projets. Mon rêve est également celui de pouvoir offrir mon
temps et mon image à des grandes causes, je ne changerai pas le monde avec mon art mais si je peux aider un peu et avoir le sentiment d’être utile aux autres c’est tout aussi gratifiant.

Un artiste incontournable ?
Dieu, même si je n’y crois pas 🙂

Une oeuvre d’art emblématique ?
Le coucher du soleil quand il vire au rose…

Un musée à visiter absolument ?
C’est cliché mais je dirais que la rue et par extension le monde qui nous entourent sont des musées à ciel ouvert et peuvent nous transporter autant qu’un lieu culturel. Mais en tant que parisien, je dois avouer que le musée d’art moderne de la ville de Paris incarne un endroit de connaissance unique hyper impressionnant à visiter. Ses salles immenses, son architecture monumentale et même son odeur qui me renvoie à mon enfance quand j’y allais. Dans les années 80, c’est là-bas que j’ai assisté aux prémices de la culture sk8 et roller, que j’y ai découvert l’ordinateur TO7 et une exposition qui m’a marqué : Celle des frères Di Rosa. Un lieu culte, définitivement.

Ta dernière expo ?
Les rencontres photographiques à Arles. J’y vais chaque année depuis une quinzaine d’années, ce pèlerinage annuel était lié à mon activité dans la publicité ou la photographie tient une place essentielle. La programmation est très variée, tous comme les thèmes abordés. Un vrai plaisir à chaque fois et une manière de s’échapper de Paris.

L’endroit idéal pour déconnecter ?
Une sieste en pleine journée.

Un film qu’il faut avoir vu au moins un fois dans sa vie ?
Difficile de répondre pour ne pas dire impossible, des dizaines de films me viennent à l’esprit… mais je dirais qu’au niveau universel on ne peut pas faire l’impasse sur un des 3 premiers Star Wars :).

Tes prochains projets ?
Des expositions bel et bien physiques avec le retour des gens en galerie et des grands vernissages.
Mais concrètement, une belle expo rétrospective sur l’art urbain Parisien à l’Hôtel de Ville de Paris dans laquelle j’ai la chance d’être invité.

Pour te suivre en ligne ?
Parfois sur la ligne 3 ou 7 du métro, on aperçoit mes graffitis 🙂 mais
sinon sur Insta : the art of Nasty

Un dernier mot ?
Sois sauvage mais reste sage…

Les oeuvres de Nasty sont visibles dans les galeries :
Bobino-Langlais, Brugier-Rigail et Atdown à Montpellier.