Membre du crew MSK (Mad Society Kings), Rime a profité d’un long séjour en France pour peindre et nous en dire un peu plus sur son petit monde intérieur. De retour Outre-Atlantique en ce début d’année, il compte bien revenir chez nous pour se livrer au jardinage, son autre passion, et élargir ses horizons artistiques, toujours en compagnie de son canard Ici.

Hello Rime, comment ça va ?
Après deux ans et demi passés en France pour des projets de peintures, je suis temporairement retourné aux États-Unis. Actuellement, je suis à New York pour m’occuper de mes affaires. L’année a débuté avec la dernière souche du Covid qui ressemblait à une légère grippe. Je prends soin de moi et j’organise mes prochains voyages autour des États-Unis avec mes amis et mes proches.

Qui es-tu et que fais-tu ?
Je m’appelle Joseph aka Rime, mon pseudo qui a pris ses racines dans le graffiti et aujourd’hui j’explore différentes formes d’art sous ce nom avec toujours l’idée de jouer et de m’amuser.

D’où vient le nom de Rime ?
En anglais le mot Rime signifie un mince revêtement ou une couche sur une surface. Comme des couches de glace Rime sur les arbres en hiver. À l’âge de 14 ans, j’ai choisi d’utiliser ce nom pour le style des lettres, mais mes amis m’appellent toujours Joe.

Parle-nous ton background artistique… MSK Crew ?
J’ai commencé le graffiti vers la fin de l’année 1991 à l’âge de 12 ans. Cette activité est vite devenue comme une dépendance et quand j’ai fait de la prison pour graffiti en 1999, j’en suis venu à modifier ma pratique pour la tourner en une passion. Cette auto-évaluation positive m’a permis de m’enorgueillir de mes actions malgré le jugement des autres. Voyager pour peindre des graffitis est devenu mon excuse principale pour découvrir le monde. Le long du chemin, j’ai noué des relations étroites avec des créateurs semblables, dont beaucoup sont affiliés aux Mad Society Kings.

Tes principales techniques ?
Ces derniers temps, j’ai beaucoup focalisé mon énergie à créer des peintures abstraites improvisées sur toile avec de l’acrylique et des huiles. Ce travail intensif implique de canaliser son temps et son énergie, parfois distraites par d’autres envies personnelles. Ces œuvres sont souvent accompagnées d’écrits poétiques, imaginés lors de séances de méditation consciente et pendant mes nuits de sommeil.

Tu es aussi jardinier ?
Aujourd’hui, il me semble plus important que jamais de nous enraciner dans notre pays d’origine – cette Terre. Cette planète est un organisme conscient, vivant, comme nous en sommes la preuve. Nous sommes ses enfants, et nous l’oublions fréquemment. Jardiner est par exemple, pour moi, une merveilleuse façon de se souvenir et d’en être conscient.
L’autre soir, j’ai été réveillé par une vision en ce sens, je l’ai rapidement retranscrite dans l’obscurité. Et voici ce qu’il en est ressorti :

As human beings born of Earth
Of instinct to rationalize the unknown.

Spread and wander
Organize and conquer
With ego as compass.

In place of place
Free to lean on
All you know of you

Tu peux nous présenter ton canard ?
« Ici » est un canard de Barbarie. Il est issu d’une portée de huit œufs élevés en incubateur dans la cuisine de mon voisin à Vernon. Des huit œufs, Ici est le seul à avoir éclos. Il s’est attaché à moi comme à un parent et a passé le début de sa vie loin de ses congénères. Il traînait avec quelques poulets errants, des pigeons, des lapins et moi. Il est devenu une source d’inspiration positive dans ma vie et a collaboré avec moi sur quelques tableaux pour ma dernière exposition « Maps For The Forgetful » à la Galerie Wallworks à Paris.

Ta collaboration la plus singulière, la plus inattendue ?
Probablement celle mentionnée ci-dessus avec mon canard Ici !

Celle dont tu rêves ?
Tout ce qui est créatif naît d’un bassin d’imagination infiniment profond dans lequel nous nageons tous. Les artistes peuvent encore avoir cet esprit de jeu, cette âme d’enfant, qui n’a pas été conditionné à l’adolescence. Cette capacité à jouer est une manière de défier les peurs en nageant profondément dans notre piscine intérieure. Là, vous pouvez canaliser n’importe qui ou n’importe quoi. Certains appellent cette grande imagination « Dieu ».

Un artiste incontournable ?
Tout ce qui est créatif doit être encouragé et respecté.

Un œuvre d’art iconique ?
Tout ce qui est créatif doit être encouragé et respecté.

Un musée à visiter absolument ?
Ces derniers temps, j’ai été davantage inspiré par les pyramides et les temples le long du Nil en Égypte. Contempler l’art ancien dans son environnement est très inspirant pour moi.
L’endroit idéal pour déconnecter ?
A l’intérieur de moi-même.

Ton disque du moment ?
Tubular Bells – Mike Oldfield

Ton meilleur spot du moment ?
La France a beaucoup à offrir. J’ai très envie d’explorer différentes régions du sud pour jardiner.

Tes projets pour 2022 ?
Obtenir à nouveau mon visa pour retourner en Europe, voyager aux États-Unis avec mes amis, élargir mes projets créatifs et fonder une famille dans un lieu entouré de nature, loin de la ville.

Un dernier mot ?
As we see all as you.

www.rimemsk.com
Instagram.com/rime_msk
Art inquiries : www.wallworks.fr/galerie_wallworks

ENGLISH VERSION

Hello Rime how are you ?

After two and a half years of painting art work in France I have temporarily returned to the USA. Currently sorting affairs in New York City. Started the year off with getting the latest strain of Covid which felt like a mild flu. Taking good care of myself now and planning to do a bit of traveling around the USA with my closest friends.

Who are you and what do you do ?

My name is Joseph and I go by the name RIME which has its roots in graffiti and has now extended to broad forms of art made in the spirit of play.

Where does “Rime” come from ?

In English the word Rime means a thin coating or layer on a surface. Like layers of Rime ice on winter trees. At the age of 14 I chose to write the name for the arrangement of letters. My friends still call me Joe.

Your artistic background ? MSK Crew?

I come from writing graffiti towards the end of 1991 at the age of 12. This fixation was seen as an addiction and while in jail for graffiti in 1999 I came to respect what I do as a passion. This positive self-evaluation made it possible for me to take pride in my actions despite the judgement of others. Traveling to paint graffiti became my excuse to see the world first hand. Along the way I formed close relationships with likeminded creators. Many of which are affiliated with Mad Society Kings.

Your main work techniques ?

These days I have focused much of my energy on painting improvised abstract paintings on canvas with acrylic and oils. The work is labor intensive and involves a bit of channeling of energy that at times feels outside of my sense of self. The work created is often accompanied with poetic writings that come to me in various stated of conscious meditation and during sleep deprived nights.

You are also a gardener ? J

These days it seems more important than ever to ground ourselves with where we come from – this Earth. This planet which is a living conscious organism as we are the proof. As we are her breathing forgetful children.  Gardening can be a wonderful way to remember.

The other night I was woken up with an insight and quickly wrote it down in the dark. I feel it ties in:

As human beings born of Earth

Of instinct to rationalize the unknown.

Spread and wander

Organize and conquer

With ego as compass.

In place of place

Free to lean on

All you know of you


Can you tell us few words about your duck ?

Ici is a Barbary duck. He was of eight eggs being cared for in an incubator in my neighbor’s kitchen in Vernon. Of the eight eggs Ici is the only one that hatched. He attached to me as his parent and spent the beginning of his life away from his breed of ducks. Instead, he hung out with a few roaming chickens, pigeons, rabbits and myself. He has become a positive inspiration in my life and has collaborated with me on a few paintings for my last show “Maps For The Forgetful” with Galerie Wallworks in Paris.

Your most unexpected, singular collaboration ?

Perhaps the above mentioned collaborations with my duck ICI!

The one you dream of ?

All that is creative is born out of an infinitely deep pool of imagination that we are all swimming in. Artists may still have that spirit of play that was not conditioned out in adolescence. That ability to play has a way of challenging fears by swimming deep into the pool of ourselves. There you can channel anyone or anything. Some people call this great imagination “God”.

A must-see artist ?

All that is creative is worthy of encouragement and respect.

An iconic work of art ?

All that is creative is worthy of encouragement and respect.

A museum to visit absolutely ?

As of lately, I’ve been inspired more by the pyramids and temples along the river Nile in Egypt. Seeing ancient art in its intended environment is very inspiring to me.

The perfect place to disconnect ?

Within myself

Your record of the moment ?

Tubular Bells – Mike Oldfield

The best spot of the moment where you live ?

France has a lot to offer. I am very interested in exploring different areas of the south for gardening purposes.

Your plans for 2022 ?

Fix my visa situation so I can return to Europe, Travel the USA with friends, Expand the range of my creative projects, create a family in a natural landscape away from cities.

Do you have any last words ?

As we see all as you.