Véritable phénomène musical et vidéo, Cercle invite chaque lundi un artiste à se produire dans un lieu inédit. Au-delà du live ou du dj set, le projet va plus loin en réconciliant son jeune public avec l’art, la culture et le patrimoine français. Pol Souchier, membre de l’équipe, nous livre quelques détails sur ces évènements devenus incontournables.

Hello Pol, qui sont les créateurs de Cercle et peux-tu nous retracer l’histoire du concept et son évolution ?
C’est Derek Barbolla qui a créé Cercle. Au départ, il filmait depuis son appartement les émissions avant de se délocaliser dans la cave d’une sandwicherie à cause de problèmes de voisinage, liés au son des émissions. Le réel tournant de Cercle fut l’émission sur la tour Eiffel (la première avec Mome) ainsi que l’intégration de Philippe Tuchmann, notre directeur artistique, puis de moi-même au projet. Le concept tel qu’il est aujourd’hui s’est défini à cette période, avec cette volonté de valoriser le patrimoine, l’art et la culture au travers de deux arts fédérateurs, la musique et la vidéo. Maintenant, nous sommes 5 à temps complet et parfois plus de 100 personnes à travailler sur certaines émissions, comme celle avec Carl Cox au Château de Chambord.

Choix de lieux atypiques, booking de têtes d’affiches… comment se prépare l’organisation des évènements qui sont annoncés au dernier moment ?
Pour le choix des lieux, c’est une question d’esthétisme et de style, on passe notre temps à chercher de nouveaux endroits à valoriser et à réaliser des repérages. Ensuite, on détermine sur place si c’est techniquement réalisable, avec ou sans public, le nombre de personnes que le lieu peut accueillir et enfin, on fixe une date si on sent que l’on peut réaliser une émission Cercle dans ce lieu. Certaines émissions mettent plus d’un an à être programmées, entre le début des discussions et la réalisation de l’émission. Quant aux choix des artistes, c’est notre directeur artistique Philippe Tuchmann qui s’imprègne des lieux et contacte l’artiste qui écrirait la meilleure histoire possible avec l’espace. Par exemple, pour le Château du Haut Koenigsbourg, nous avons invité Dominik Eulberg car c’est un passionné de nature et d’ornithologie et le château, entouré d’une gigantesque forêt, correspondait parfaitement à l’artiste. D’ailleurs à la fin de son set, il a emmené une vingtaine de personnes en forêt avec un détecteur de chauve-souris afin de leur en apprendre un peu plus sur sa passion. Il a ensuite été invité par le château pour la nuit des chauves-souris organisée chaque année.

Vous associez musique actuelle et valorisation du patrimoine… ?
En effet, nous avons une dimension culturelle forte au travers de nos émissions, ce que l’on cherche à faire c’est de réconcilier notre cible assez jeune (entre 24 et 35 majoritairement) à la culture, à l’art et au patrimoine français. Les musées, monuments et autres lieux culturels sont délaissés par les jeunes qui voient ces endroits comme des lieux élitistes, alors qu’ils appartiennent à tout le monde. On tente à notre échelle de démocratiser la culture dans le sens large du terme en ayant également les prix des places les plus abordables possible pour venir assister aux émissions. Et c’est sans parler de la gratuité des directs Facebook et du replay sur YouTube.

Que peux-tu nous dire sur les prochaines soirées ? Cercle sera-t-il bientôt de retour à Montpellier et dans la région ?
Pour les prochaines émissions, je ne peux pas dire grand-chose malheureusement car on aime bien garder le secret. En tout cas, nous aimerions effectivement revenir dans la région, à Montpellier ou aux alentours.