Nouvelle étoile montante de la mode hexagonale, Simon Porte Jacquemus, créateur de la marque éponyme, s’est lancé en autodidacte il y a 9 ans déjà pour distiller des créations inventives, joyeuses et libres, inspirées du sud de la France. Décontractées et colorées, elles sont le reflet des racines du fondateur et de ses ambitions… Justement, il vient de dévoiler à Marseille sa première collection masculine intitulée « Le Gadjo », une bonne occasion pour vous présenter son parcours…

Il a seulement 27 ans, mais il est le jeune styliste français qui monte, traçant sa route sans l’aide des grands groupes du secteur. Vêtements simples dans l’esprit des années 1980, coupes minimalistes, hommage à la Provence et au sud de la France en général, sans oublier un réel sens de l’humour lui ont permis de s’imposer et de se faire un nom. Ses collections féminines de haute volée, intitulées « Les Santons de Provence », « La Bomba », « Le Souk », « Les parasols de Marseille », « L’Enfant du soleil » pour n’en citer que quelques-unes nous invitent dans un sud méditerranéen enchanteur, graphique, parfois géométrique avec des matières plissées, des jabots, des corps mis en valeur, des transparences et des voiles tout en légèreté, un vrai spectacle pour chaque saisonnalité…

Dès 2015, il reçoit le prix LVMH des jeunes créateurs de mode, preuve que ses pairs ont rapidement vu en lui une étoile montante, un créatif hors normes qui aime nous balader de la promenade des anglais aux calanques de Cassis, des souks marocains au Lubéron, avec un vestiaire qui s’adapte aussi bien aux plages privées de la Riviera qu’aux places de marchés provençaux : chapeaux de paille surdimensionnés, jupes rayées inspirées des parasols italiens, couleurs simples et fortes. La silhouette Jacquemus est un hommage à la Femme, le créateur a d’ailleurs lancé la marque en reprenant le nom de jeune fille de sa mère, disparue alors que ce dernier venait de rejoindre la capitale pour y débuter des études de styliste. Études qu’il abandonna aussitôt pour fonder son label en autodidacte, travaillant simplement avec l’aide d’amies couturières et influenceuses, avec un budget « pas plus élevé que le prix d’une mobylette » selon ses propres mots ! Le réalisateur spécialiste de la mode Loïc Prigent, définit d’ailleurs assez bien le fonctionnement de Jacquemus :
« Il a inventé une nouvelle manière de communiquer, de raconter sa mode, sans filtre et sans intermédiaire. Il fait tout lui-même. Il a une façon d’avancer très cash et très sincère, un peu comme Isabel Marant à ses débuts. Il a amené le sourire dans la mode ! »

Pour la saison printemps-été 2019, il vient de présenter sur la plage de Sormiou sa première collection Homme « Le Gadjo » , sobre et discrète : des matières simples et naturelles, des teintes claires et ensoleillées comme le jaune, le beige et le kaki, des rouges ocres que l’on retrouve sur des pantalons généreusement retroussés, des polos aux coupes résolument rétro, des blasers, des mailles, des pochettes portées nonchalamment autour du cou… Petite particularité de cette collection, une utilisation de laine The Woolmark Company qui se porte même en été !
Touche à tout, il a été l’invité d’honneur du festival OpenMyMed en 2017 dans la cité phocéenne : son univers solaire et ses créations insolentes ont investi le Mucem à travers l’exposition « Images » qui présentait dans une vitrine d’écrans disposés en mosaïque, des centaines de vidéos, de formes, de couleurs, de créations et d’inspirations, issues de son téléphone personnel. Une fois encore, il dévoilait un peu de son intimité. Ce projet lui a également permis de sortir le livre « Marseille Je t’aime », un ouvrage de photos, de natures mortes, de portraits et de collages conçus comme un poème sur la ville qu’il aime tant. Un vent de fraicheur souffle sur la mode française, et il vient de la Méditerranée !