C’est l’événement architectural de l’année 2014. LVMH n’a pas fait les choses à moitié pour faire sortir de terre sa fondation dédiée à l’Art Contemporain. Une marque de renom : Louis Vuitton, un site exceptionnel : Paris et un architecte incomparable : Franck Gehry. Visite.

[dropcap style= »normal or inverse or boxed »]V[/dropcap]ous n’avez pas pu passer à coté, de l’information, même si vous étiez sur une autre planète. La fondation Louis Vuitton a ouvert ses portes à Paris au cœur du Bois de Boulogne dans l’ouest parisien. Initié en 2001 lors d’une rencontre entre Bernard Arnault et Frank Gehry, le bâtiment aura donc mis treize ans avant d’accueillir ses premiers visiteurs.

Connu pour l’originalité de ses conceptions, l’architecte américain a donc imaginé un édifice léger, lumineux et en mouvement doté d’une structure en forme de voiles (douze au total) composée de 3600 panneaux de verre. Chacun d’entre eux ayant été courbés au millimètre près et de façon différenciée grâce à un façonnage révolutionnaire. D’une surface de 11000 m2 dont 7000 accessibles au public, le monument offre onze galeries dédiées aux expositions permanentes et temporaires et aux interventions d’artistes, un auditorium aux configurations modulables pouvant recevoir jusqu’à 1000 personnes, et des terrasses qui jouissent de
vues exceptionnelles et inédites sur Paris, La Défense, le Grand Palais et ses environs.

Pour ce véritable vaisseau, l’architecte s’est inspiré de la légèreté des architectures de verre et de jardins de la fin du XIXe pour effectuer sa première esquisse, puis après avoir réalisé différentes maquettes sur lesquelles le verre à toujours été omniprésent, la version définitive fût exposée en 2010 au Centre Pompidou-Metz à l’occasion de l’exposition inaugurale « Chefs-d’œuvre ? », dans la section architecture.
Matériau principal, le verre est au cœur de la vision initiale de Gehry : « À l’image du monde qui change en permanence, nous voulions concevoir un bâtiment qui évolue en fonction de l’heure et de la lumière, afin de créer une impression d’éphémère et de changement continuel ». Il offre un bâtiment flottant et des lignes pures et mouvantes, un reflet à l’environnement végétal et au delà, il dote la Capitale d’une œuvre qui s’inscrit déjà parmi les réalisations emblématiques de l’architecture du XXIe siècle.

L’architecte a donc conçu un écrin pour les collections artistiques de Bernard Arnaud, mais aussi pour des expositions temporaires, des performances visuelles et sonores. Vous pourrez y découvrir des œuvres de la collection permanente mais aussi des commandes spécialement conçues pour l’ouverture. Un premier accrochage fait la part belle à quatre directions : le contemplatif, popiste, expressionniste et sonore en proposant des artistes aussi emblématiques que Christian Boltanski, John Giorno, Bertrand Lavier, Gerhard Richter et Thomas Schütte pour ne citer qu’eux.
Une seconde phase proposera des œuvres de Maurizio Cattelan, Ed Atkins, Giacometti, Annette Messager, Ellsworth Kelly, Nam June Paik, Giuseppe Penone, et Gerhard.

Musicalement, l’événement majeur est venu des huit soirées proposées par les allemands de Kraftwerk, 8 soirs pour les 8 albums officiels du groupe. Le site nous montre qu’il peut accueillir aussi bien le calme d’un musée d’art contemporain que l’énergie de la musique électronique, et ainsi s’affirmer comme un réel nouvel acteur culturel Français, en mouvement perpétuel.

Tour à tour comparée à un nuage, à un navire, ou encore à un iceberg, la Fondation Louis Vuitton est une sorte d’autobiographie en verre, ciment et bois du maître Frank Gehry. Ce polyèdre reflète l’excellence caractéristique au géant du luxe hexagonal, mais aussi l’exigence du monde culturel Français qui avait bien besoin d’un nouvel espace pour continuer à faire de Paris une capitale culturelle internationale.