Dans la série des voitures de légende, la Corvette C1 occupe une place de choix. Lancée en 1953 par le constructeur américain Chevrolet, la première génération de ce petit roadster décapotable a connu une belle carrière outre-Atlantique malgré des débuts difficiles. Histoire.

Plus de soixante ans après son lancement sur le marché américain, la première génération de Chevrolet Corvette baptisée C1 reste ancrée dans l’esprit des passionnés de vieilles sportives. Au même titre que la Ferrari 250 GT California ou la Mercedes- Benz 300 SL, la Corvette C1 a inscrit son nom dans la légende automobile malgré un début de carrière difficile Outre-Atlantique.

Reconnaissable au premier coup d’oeil, la C1 doit d’abord son succès à ses lignes. Dessinée par le très réputé styliste automobile Harley J. Earl qui s’était inspiré des voitures de course européennes, elle se distingue par ses rondeurs, son avant massif et sa calandre chromée. Dévoilée au Motorama de New-York en janvier 1953 devant plusieurs milliers de visiteurs et lancée au mois de juin la même année, cet élégant roadster marquait déjà sa différence avec une carrosserie en fibre de verre. Une petite révolution qui avait coûté la bagatelle de 60.000 dollars (500.000$ aujourd’hui) au constructeur alors que la majorité des modèles à l’époque étaient fabriqués à partir d’acier. Mais l’engouement retomba rapidement à la sortie des 300 premiers véhicules. Les principales raisons : le manque de personnalisation (coloris unique Polo White et intérieur rouge), le moteur six cylindres « Blue Flame » de 150 chevaux couplé à la boîte auto deux rapports jugés peu performants et le prix élevé. A la fin de l’année 53, seulement 183 exemplaires avaient trouvé preneur. La production sera ainsi revue à la baisse pour atteindre 10.000 unités en 1954.

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Malgré ces débuts compliqués, la filiale de General Motors reste persuadée que les ventes de la C1 peuvent décoller en apportant plusieurs modifications. Pour ce faire, le constructeur fera appel aux services de l’ingénieur d’origine russe Zora Arkus- Duntov qui développera une motorisation V8 4,3L de 195ch et une transmission manuelle à 4 vitesses, installées dès 1955 sur la Corvette. Entre-temps, la gamme de peintures s’étoffe (Pennant Blue, Sportsman Red et Black) avant l’apparition du toit rigide démontable. Les évolutions se poursuivent entre 1956 et 1958. Les lignes s’affinent, les chromes et de nouvelles optiques entrent en scène : les phares avant s’arrondissent davantage (avant de passer à quatre) tandis qu’à l’arrière ils s’étalent sur les ailes. La puissance est portée à 283ch sur un huit cylindres de 4,6L puis à 290ch.

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Au fil du temps, la Chevrolet Corvette C1 poursuit sa mutation et entre en phase de séduction du public pour finalement s’imposer sur le marché. 10.621 unités sont produites au cours de l’année 1960 qui sera également marquée par un restylage plus conséquent : l’arrière prend la forme d’une queue de canard (ducktail) et arbore désormais quatre feux. La barre des 300 équidés est également dépassée pour atteindre 315 chevaux en 1961 et enfin 360ch en 1962 pour la version la plus musclée. Entre 1953 et 1962, 69.015 exemplaires de la C1 sortiront des chaînes de montage avant son remplacement par la C2 Stingray en 1963. De nos jours, il demeure possible de s’offrir une C1 à partir de 60.000€. Bonne route !

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© Photos : D.R