Produite à seulement 83 exemplaires entre 1951 et 1954, la J2X du constructeur anglais Allard doit en partie son succès à ses performances sur circuit. Aujourd’hui « ressuscité » par une production québécoise, ce roadster reste la plus belle réussite de l’histoire automobile britannique.

En ces temps de course effrénée à la technologie entre les constructeurs automobiles, certains ont pourtant choisi de ne pas s’y mêler pour mieux faire revivre le passé. C’est le pari que Roger Allard, qui n’a aucun lien de parenté avec le fondateur de la marque, a osé prendre en relançant la production du modèle J2X construit au début des années 50. Plus d’un demi-siècle après ses premiers kilomètres, ce légendaire roadster britannique a retrouvé la route grâce à cet artisan québécois passionné de belles mécaniques. Cette version MKII lancée en 2006 reste évidemment très fidèle à l’originale même si certaines modifications ont été apportées afin de renforcer la sécurité et assurer un confort optimal et de meilleures performances. Au final, très peu de choses ont changé mis à part dix centimètres de plus en longueur, des améliorations en matière de fiabilité notamment au niveau du tableau de bord et une motorisation plus actuelle : un V8 5,7L RamJet de 420 chevaux fabriqué par General Motors lui permettant d’abattre le 0 à 100 km/h en 4,6 sec. Deux autres variantes signées Chrysler sont également disponibles en option. Allard Motor Works a limité sa production à cent exemplaires par an, vendus 138.000 dollars l’unité. Un tarif certes élevé mais justifié au vu de la qualité de fabrication d’AMW qui a obtenu la certification de l’Allard Registry. Un gage d’authenticité pour les futurs acheteurs. Longtemps réservée au marché américain, la J2X est aujourd’hui commercialisée en Europe.

Pour mieux cerner les contours du succès de la J2X, il faut remonter aux années 30. Fondée en 1936 par Sydney Allard, The Allard Motor Company fut l’un des premiers constructeurs à associer des carrosseries européennes et des moteurs V8 américains issus de chez Ford, Lincoln, Cadillac ou Chrysler. Sous l’impulsion de ce pilote chevronné, la firme britannique installée à Putney puis à Clapham après guerre aura fabriqué 1900 véhicules jusqu’en 1964, principalement des voitures de course, de sprint, des berlines et autres engins préparés aux courses de côte. Parmi ceux-ci, certains auront connu un certain succès comme la K1, L ou J1. Mais un seul aura écrit les plus belles pages de l’histoire automobile, à fois sur route et sur circuit : la J2X.

Ce petit roadster, produit à 83 exemplaires entre 1951 et 1954, a construit sa réputation en compétition. Ses principaux faits d’armes : une troisième place aux 24h du Mans en 1950 et une victoire lors du rallye de Monte-Carlo en 1952 avec Sydney Allard aux commandes. Outre son créateur, nombre de grands pilotes tels Zora Arkus Duntov (père de la Corvette), Carroll Shelby et Steve McQueen sont passés derrière le volant de ce bolide animé par un V8 Cadillac (5,4 L et 200 ch) qui réussit un temps à concurrencer les grands constructeurs de l’époque. Durant trois années, la J2X connaîtra ses heures de gloire avant que la firme ne se tourne vers une autre discipline phare Outre- Atlantique, les courses de dragsters. La production automobile s’arrêtera en 1964 faute de financement, deux années avant la mort de Sydney Allard.

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© Photos : D.R