Assistant social la semaine et artiste le weekend, The Wizard a mis de côté les outils numériques pour privilégier les techniques manuelles. Découpage, collage, coloriages, ce grand enfant expose actuellement Au Vieux Panier à Marseille.

D’où vient ton pseudo The Wizard ? J’avais envie d’un nom plus long pour me différencier de l’univers du graffiti dont je ne suis pas issu contrairement à la plupart des street artists. Tout simplement.

Alors comme ça tu as un vrai métier. Tu es assistant social c’est bien ça ? Je travaille à plein temps la semaine à l’hôpital psychiatrique de la Colombière et je suis un artiste à plein temps le week-end (rires). C’est mon deuxième job en quelque sorte donc j’ai un emploi du temps assez chargé. Il existe un contraste assez fort entre des deux activités mais mon boulot d’assistant social reste tout de même une source d’inspiration malgré la violence du quotidien. L’être humain est au cœur de mes deux activités et mes créations sont une sorte d’exutoire.


Comment es-tu arrivé dans le milieu artistique ? Tu es autodidacte. Je n’ai suivi aucune formation artistique mais j’ai toujours gardé un œil sur l’art de rue. J’ai commencé par réaliser des affiches fin 2004 début 2005 à l’époque où le street art était en plein essor. Petit à petit je me suis dirigé vers le travail sur bois car je voulais donner davantage de volume à mon travail à défaut de profondeur. Mais le bois est un matériau difficile à travailler. Je me servais d’une chantourneuse pour découper des formes dans mon atelier mais le résultat n’était pas toujours très concluant. Et puis mes voisins ne l’entendaient pas de cette oreille. (rires) Mais je n’ai pas abandonné l’idée du bois, j’y reviendrai sûrement. Depuis deux ans maintenant, j’ai adopté la technique des strates qui consiste à assembler différents couches de feuilles épaisses de papier collées entre elles à l’aide de carton plume.


C’est quoi l’univers de The Wizard en quelques mots ? Tu trouves ton inspiration dans la vie sociale, urbaine et l’actualité. La vie quotidienne tient effectivement une place importante dans mon travail artistique. J’évolue dans un univers à l’imagerie naïve avec des connotations pop, principalement au niveau des couleurs. Mes œuvres ont deux sens de lecture et parlent aussi bien aux adultes qu’aux enfants. La technique que j’utilise actuellement fait référence à l’homme et sa place dans la société. Les strates représentent notre parcours, les étapes de la vie et les expériences vécues. Le médium papier renvoie à la fragilité de la vie et de la nature. Je suis également de près l’actualité qui m’amène de temps en temps à créer des tableaux comme Remember basé sur les évènements du 11 septembre.

Tu utilises pas mal le carton, papier, mousse, collages, objets en tous genres… Tu n’as pas oublié les jeux et souvenirs de ton enfance visiblement. Les souvenirs d’enfance sont toujours très présents. (rires) J’adore ce côté manuel et toutes ces matières premières que je peux travailler à ma guise. Le travail à la main est primordial et je ne crée absolument rien sur ordinateur. Dès ma première expo, j’avais commencé à utiliser des petits objets récupérés à droite à gauche, des morceaux de carton… et ça continue aujourd’hui. Je travaille à l’horizontal, comme un chirurgien sur sa table d’opération scalpel en main (rires). Actuellement, je suis en train de réaliser deux triptyques inspirés de jeux vidéo 8 bit de la première console Nintendo : Mario et Duck Hunter. J’aime le côté carré du pixel auquel je donne du volume grâce à cette technique des strates. Je commence par faire un dessin sur du papier à carreaux pour les angles droits ce qui me permet également de visualiser le futur tableau. Puis je prépare toutes les pièces dont les tranches sont colorisées au Posca, que j’assemble ensuite comme un puzzle. Cela demande de l’organisation et un certain sens du détail.

J’ai une oeuvre de toi chez moi qui s’appelle la Dépigeonnisation. On a un désamour commun pour les pigeons alors… (Rires). Ce tableau fait partie d’une petite série basée sur le détournement de pochettes de vinyles, récupérés je ne sais plus où d’ailleurs. Je me rappelle avoir déniché des disques de Cabrel et autres artistes français et puis celui dont tu parles avec tous ces vilains pigeons.

Tu exposes en ce moment Au Vieux Panier à Marseille ? Et ensuite quel sera le programme ? Suite à un appel à projets, j’ai constitué un dossier et j’ai été retenu pour faire partie de la Saison III de ce petit hôtel marseillais. J’avais imaginé au départ une chambre avec des meubles et tableaux mais il a finalement été décidé que mes œuvres seraient exposées dans les parties communes de l’hôtel. Il y a donc 14 tableaux qui sont présentés depuis avril et ce jusqu’à la fin du mois de novembre. C’est un super projet qui apporte beaucoup de visibilité. Il y a des choses en préparation pour 2013 mais rien de confirmé pour le moment donc j’attends impatiemment des réponses. J’essaye en tout cas de mettre en place au moins une expo par an voire deux ou trois. Le fait d’avoir une deadline pour un évènement est un excellent moteur.

Un dernier mot ? Rendez-vous sur mon nouveau site web !

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www.thewizard.fr