Sporto Kantes : los señiores picantes sont de retour… et plutôt 4 fois qu’une… C’est juste avant leur prestation live dans un Rockstore de Montpellier bondé que le duo entouré de ses musiciens a reçu l’équipe de Focus Magazine, pour une interview toute en décontraction et bonne humeur. L’occasion de revenir pêle mêle sur la sortie de leur nouvel album 4, leurs liens historiques avec la ville de Montpellier, leurs conflits passés et leur vie de famille… ah non pas leur vie de famille, on n’est pas chez Voici ici quand même.

Comment allez-vous ? Pas trop dur d’enchainer promo de l’album et début de tournée ? Benjamin Sportès : Non, au contraire c’est plaisant, et puis ça arrive une fois tous les 4 ans, on ne va quand même pas se plaindre (rires). Nicolas Kantorowicz : Bon ça n’a rien à voir avec la tournée mais le temps est dégueulasse, ça c’est une raison de se plaindre, surtout ici, c’est le Sud, la ville de notre tourneur Pi Pole production. Bon excusez-moi je suis un peu fébrile !

Justement comment se sont déroulées ces 4 années pour vous ? BS : Ca va, on est content et puis on a enfin percé l’abcès. NK : Oui il y a eu des moments un peu compliqués… BS : On a produit énormément de morceaux, près de 75, on voulait même faire un double ou un triple album. On a donc du retravailler le concept avec notre label, qui est le même depuis 14 ans mais qui a un nouveau directeur artistique, qui n’a pas forcément la même vision que nous. NK : Oui enfin ça c’est peut-être pas plus mal non plus.

Comment avez-vous donc fait pour trier tout ce matériel ? BS : On l’a écouté plein de fois ! On a fait une première sélection de 40 titres qu’on a amenés au label, ensuite on en a retenu 20… puis 2… et hop rebelote on est retourné chercher des morceaux qu’on avait jetés, comme une recette ou un jeu, tu prends, tu jettes, tu reprends, tu mélanges !

Comme d’habitude, on relève l’utilisation de nombreux samples dans cet album… NK : C’est notre parti pris. Moi je ne peux m’empêcher de rajouter du sample ! Enfin Nous ! hein Benjamin ? BS : Oui oui moi aussi j’ai été contaminé … Il y a un côté ethnique : inspiration de voyage ou désir de changement ? NK : On a beaucoup écouté Felah (Kuti NDLR) et beaucoup de disques africains BS : Et puis on n’a pas voyagé en fait ! Nous on voyage chez nous rien qu’à Paris (rires).

Tout votre univers apparait extrêmement ludique, est ce que cet aspect vous a donné l’occasion de travailler avec des enfants ? BS : Oui ça nous correspond bien, on a envie de s’amuser dans ce projet ! Et puis les enfants on les a déjà à la maison donc forcément… NK : On a monté une radio libre avec une association et des classes relais, avec des gamins comment dire.. un peu en perdition. Sinon cette année, j’ai fait un cinémix avec une classe de musique, une histoire de zombie. Bon après j’aime bien mais tout ça c’est un peu des trucs de babacool, tu vois ce que je veux dire (rires), je suis pas sûr que ce soit vraiment pour nous.

La pochette est très différente de celle du précédent aussi, on y voit une photo en très gros plan de tresses africaines. De loin lorsque je l’ai vue la première fois, je n’avais pas compris de quoi il s’agissait, c’est très graphique, ça change… BS : Ça aussi c’est l’effet du travail avec notre maison de disque. Autant sur l’album précédent on avait travaillé tous les 3, comme nos propres directeurs artistiques avec une amie de Nico, Marjolaine Sirieix (NDLR voir focus 41), qui avait dessiné et redessiné ce que nous souhaitions. Là on a émis des idées et notre maison de disques a travaillé autour, donc sur le thème Afrique, graphisme, typographie… et voilà le résultat….

On doit vous en parler souvent en ce moment mais pourquoi et comment retrouve-t’on votre tube Lee dans la série de Canal Plus Kaboul Kitchen ? Aimez-vous la série ? BS : Pas tant que ça figure toi. Bon en même temps je dis ça mais on commence juste la tournée et la promo. NK : En fait ça s’est fait tout simplement, c’est une copine à moi qui est monteuse sur la série, elle m’en a parlé…. et voilà ! Moi j’aime bien la série, elle me fait marrer et je trouve que ce morceau est bien utilisé, complétement intégré. BS : …Et bien moi je ne l’ai pas vue… mais dès que je peux je m’y mets !

Pour finir, on évoque souvent dans la presse vos difficultés à travailler ensemble, les brouilles, les fâcheries au sein du duo, rassurez nous, ça a l’air de bien se passer votre couple ? NK : Oui depuis que Benjamin a divorcé ça va mieux (rires). Non plus sérieusement, ça va, on a pu avancer, trouver des terrains d’entente et puis on est de vieux copains tu sais. BS : Oui et puis j’ai dépassé ce stade où je ne me sentais pas légitime dans ce qu’on fait musicalement, notamment dans la culture électronique. Bref tout va bien.

Itw : Céline Floret / © photo : Thomas Ruelle