Photographe depuis une dizaine d’années, Raphaël Hache occupe désormais principalement son temps avec ses projets vidéo. Ce qui n’empêche pas son œil affûté de continuer à naviguer entre paysages urbains et portraits. Interview.

Peux-tu nous parler de tes débuts dans le métier ? Comment es-tu arrivé dans le monde de la photo ? Contrairement à d’autres personnes du métier, je n’ai pas suivi d’études de photographie mais d’Arts du Spectacle spécialité cinéma. Mon activité de photo a en fait démarré il y a une dizaine d’années pendant la période des fêtes avec une petite anecdote plutôt amusante : on m’a demandé ce que je voulais comme cadeau et j’ai répondu : « un appareil photo » car je n’en avais pas et aussi parce que j’avais prévu de me rendre aux États-Unis quelques mois plus tard. Emporter un appareil dans ma valise m’a permis de rapporter « mes propres cartes postales » sous forme de clichés. A ce moment-là j’étais vraiment très inspiré par le livre New York Vertical de Horst Hamman et les images des rues de Tokyo du photographe Japonais Daido Moriyama. En parallèle, je me suis plongé dans les livres de photo, les magazines et les expos pour développer ma culture photographique. Je suis un autodidacte, je fonctionne à l’instinct sans me poser des tonnes de questions.

Tu as fait des espaces urbains ta spécialité…. Je ne dirai pas que c’est une spécialité. J’ai commencé par ce type de photos car c’était une manière de débuter sans prendre trop de risques si je puis dire. Il y avait une certaine facilité pour moi à shooter les espaces urbains et les paysages. J’ai par exemple réalisé une série de clichés pris dans le métro parisien.

Une autre partie de ton travail est consacrée aux portraits… Le portrait est une partie du métier de photographe à laquelle je m’intéresse depuis un long moment, notamment à travers les séries consacrées à la guerre. Etant donné que je n’ai pas suivi de formation dans ce domaine, je me suis un jour inscrit à un stage dirigé par Denis Rouvre, portraitiste de renom. Pendant une semaine, j’ai pu acquérir une certaine manière de travailler qui m’a permis de gagner du temps et d’emmagasiner de la confiance. On a beau connaître la partie théorique/technique sur le bout des doigts, cela ne suffit évidemment pas lorsqu’on se retrouve face à son modèle. J’avais besoin de faire évoluer ma photo avec des personnages, des visages comme en témoigne ma série avec les garagistes.

Tu shootes beaucoup en Noir & Blanc… Cette technique a-t’elle quelque chose de spécial à tes yeux ? L’impact d’une photo est-il différent selon qu’elle soit en couleurs ou en N&B ? Effectivement, le noir & blanc a ce côté romantique que la couleur ne fait pas toujours ressortir. Et puis les premières photos que je réalisais étaient en N&B, je les développais moi-même. J’ai donc toujours été intéressé par cette technique photographique. L’impact n’est pas du tout le même selon moi. Mon voyage à New-York a aussi beaucoup joué sur mes travaux en N&B. C’est une ville où les niveaux de gris sont présents partout et puis il y a ce livre de Daido Moriyama que j’ai cité plus haut dans lequel j’ai puisé pas mal d’idées.

Tu voyages régulièrement, Costa Rica, USA, Chine… Quel pays t’as le plus marqué au niveau de l’image, des paysages urbains, de la population… ? Oui je continue à voyager dès que j’en ai la possibilité mais ce n’est pas forcément pour y produire des séries de photos préparées à l’avance. Je ne programme rien, je suis mon instinct. La Chine fut un voyage assez particulier à vrai dire, notamment Hong-Kong, son architecture, son urbanisme démesuré et cette énergie nouvelle que la ville dégage.

Désormais tu te consacres un peu plus à la vidéo… Je n’ai pas laissé de côté la photo mais je consacre effectivement de plus en plus de temps à la vidéo. Cela s’est fait naturellement. C’était un peu une suite logique pour moi après la photographie. J’ai eu une sorte de déclic il y a environ un an alors que j’étais assistant auprès d’un photographe. J’ai découvert un film publicitaire de la marque Vuitton, une production audiovisuelle, photographique dans les cadrages, les couleurs et la lumière, où l’image se suffit à elle-même et raconte une histoire sans avoir besoin d’un appui verbal. Voilà en quelques mots ce qui m’a donné envie de me diriger vers cette activité. A 28 ans, j’ai donc repris mes études via un contrat de professionnalisation en tant qu’assistant monteur pour sortir de l’autodidactisme et me sentir plus en confiance. J’avais besoin de m’affranchir de la technique et me concentrer pleinement sur le sujet. J’ai donc intégré Wizz, une boite de postproduction. Et puis en octobre 2010, j’ai adopté le statut de freelance. J’ai commencé par quelques petits projets institutionnels et puis de fil en aiguille je me suis familiarisé avec les codes de la profession .

Quels sont tes projets actuellement ? J’ai déjà réalisé plusieurs vidéos à Paris, NYC et Berlin pour l’exposition Burning Ink avec DC Shoes et le collectif Combo et je devrais probablement continuer sur de nouvelles sessions. J’ai également coréalisé un reportage sur la collaboration entre Billabong et le groupe Is Tropical avec Erwann Lameignère. En ce moment, je travaille sur le montage d’une vidéo mettant en scène les artistes Supakitch & Koralie. Il y a aussi la vidéo chez Bleu Noir à Paris avec Jeykill alors que la prochaine mettra à l’honneur l’artiste Veenom. Et puis l’agence Sid Lee m’a commandé une vidéo pour Adidas Originals qui a été tournée le 1er octobre dernier lors du concert de Nasser chez Citadium à Paris.

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