Fine observatrice du monde qui l’entourait et fidèle camarade de Jeanneret et Le Corbusier, la photographe et designer Charlotte Perriand est à l’honneur au Petit palais à Paris : « De la photographie au design », jusqu’au 18 septembre.

Personnage indissociable de ses deux camarades de jeu, Le Corbusier et Pierre Jeanneret, avec lesquels elle a créé dans les années 50 des meubles révolutionnaires (LC1, LC2, LC3, LC4…) Charlotte Perriand fait partie des figures les plus marquantes de l’ère moderne du design. On ne peut raconter l’histoire de cette créatrice incroyable sans évoquer sa passion pour la photographie et l’art brut, assez méconnue jusqu’à présent.

C’est à l’âge de 24 ans que Charlotte Perriand commence son travail sur le mobilier pour lequel elle choisit d’utiliser le métal (tables gigognes Petalo…). Ces premières recherches aboutiront à la création du « Bar sous le toit », remarqué lors d’une exposition par Le Corbusier et Jeanneret. L’année suivante, elle intègre l’atelier des deux architectes et se voit chargée de l’équipement mobilier et des aménagements intérieurs. L’année 1928 marque le début de l’utilisation de la photographie comme support d’étude pour le dessin des meubles. Formes, matériaux et aménagements sont pour ainsi dire directement inspirés de ses clichés. Une étroite collaboration est en train de naître entre les trois créateurs, qui durera jusqu’en 1937. Dix années riches en projets pour Charlotte Perriand : Villa Savoye, membre fondatrice de l’Union des Artistes Modernes, Pavillon Suisse à la Cité Internationale Universitaire, refuge de l’Armée du Salut, chantier du Centrosoyouz…

« Charlotte Perriand était une des rares créatrices chez qui l’harmonie de pensée contemporaine était spontanée ». Jean Prouvé

Elle quittera l’atelier en 1937 mais continuera à collaborer avec Jeanneret et Le Corbusier sur divers projets jusqu’à la fin des années 40, dont la Cité radieuse de Marseille. Elle travaillera aussi avec Jean Prouvé sur des bâtiments préfabriqués, puis à l’occasion d’autres réalisations dans les années 50. Pendant la guerre, elle s’envole pour le Japon où elle se découvre une passion pour l’utilisation du bois : paille, bambou, branches d’arbres… avec lesquels elle réalise notamment des meubles (Riflesso, Refolo et tables en bois massif aux formes libres). Un mobilier toujours pensé afin de procurer confort et fonctionnalité à l’utilisateur. L’innovation est à la base de sa démarche, dans laquelle elle tente d’apporter un juste compromis entre industrie et tradition. Parallèlement à la conception de mobilier, elle s’intéresse de près aux aménagements intérieurs et aux équipements : Station de sports d’hiver de Méribel (1946), Immeuble Air France à Brazzaville (1950), Agence Air France à Londres (1957), Tokyo (1959) et Rio de Janeiro (1963), Salles de Conférence de l’ONU…. Toute une carrière dévouée au bien-être de l’autre en somme. Le Petit Palais organise du 7 avril au 18 septembre, avec le soutien de Cassina, l’exposition « De la photographie au design » où sont rassemblés près de 70 meubles et 380 photographies de Charlotte Perriand. « Le Petit Palais permet de redécouvrir une artiste attentive à son environnement naturel et social, qui sait regarder avec justesse le monde qui l’entoure et n’hésite pas à s’engager pour défendre ses convictions et créer en toute liberté ».

Charlotte Perriand (1903 – 1999) – De la photographie au design – Du 7 avril au 18 septembre – Petit Palais – Paris

© photo : D.R