Contrairement à ce que pourraient laisser entendre son nom et sa patte, la marque Hartford n’est pas née à l’initiative d’un créateur américain mais d’un Français. Ou, pour être plus précis, d’un français passionné par la culture nord-américaine.

En effet, lorsque le Parisien Yves Chareton débarque à New York en 1979, c’est en tant que passionné des tissus et chemises de l’«American Dream », qu’il a, des années durant, chinés aux puces de Clignancourt. Désireux de recréer et de moderniser l’esprit de ces chemises en jean brut, chambray ou madras auxquelles il voue une affection toute particulière, l’idée d’aller chercher l’inspiration et les matériaux à même la source lui semble alors une évidence et un pari à relever. Pari osé mais réussi. Le coup de génie d’Yves Chareton sera notamment de racheter d’importants stocks de tissus que l’on qualifierait maintenant de « vintage », dans lesquels faire tailler ses créations. La diversité des imprimés, le côté naturellement « used » et la qualité des matières vont, dès ses premières collections, assoir la marque (qui pour l’instant ne fait que des créations homme) comme un des représentants phare d’un esprit authentique mais moderne, aux pièces pleines de sens mais faciles à porter.

Après le coup de maître s’ensuit le coup de chance : Bruce Springsteen, qui règne alors en maître absolu sur le paysage musical américain, s’entiche des chemises Hartford, les commandes par douzaines et ne porte pour ainsi dire qu’elles. Effet boule de neige assuré…

Ce n’est pourtant qu’en 2000, et sous la pression des inconditionnels de la marque et des journalistes, qu’Yves Chareton se lancera dans la création de lignes femme et enfant. Là encore, le succès est immédiat. Car ce qui fait le succès de la marque, et ce qu’il s’agisse de pièces homme, femme ou enfant, c’est bien ce goût de l’authenticité et de la qualité des matières, qui a su être préservé depuis plus de trente ans maintenant. Diversifier, innover, mais toujours en préservant la ligne de conduite qu’Yves Chareton s’était fixée en 1979. Des basiques de la culture US certes (capote militaire, chemise à carreaux ou à rayures, chambray, jean brut ou used…), mais revisités, sans pour autant tomber dans un opportunisme modeux de mauvais goût. « Le style est plus important que la mode » aime t’il dire.

Cette saison encore, la marque nous propose tout un panel de vêtements homme, femme et enfant pleins de sens et aux couleurs délicieusement passées, mais aussi des trenchs, des blousons en peau, des shorts pour les hommes, des blouses et robes chemise pour les femmes ,taillés dans des tissus de qualité à l’aspect subtilement vieilli, mais aussi des foulards et des chapeaux de paille. La marque n’en oublie cependant pas pour autant, comme à son habitude, de se diversifier, avec pour cet été notamment le lancement d’une ligne de shorts de bain pour homme imprimés en collaboration avec Liberty Art Fabric.

© photo : D.R


www.hartford.fr