C’est un évènement exceptionnel que nous ont concocté la ville de Sète et le Musée des Arts Modestes. Pour célébrer dignement son dixième anniversaire, douze expositions sont proposées au public, du 27 novembre 2010 au 2 octobre 2011. (ci-contre : maquette du film La Science des Rêves de Michel Gondry) Oui vous ne rêvez pas ! Durant près d’un an, le MIAM de Sète présente « Les Territoires de l’Art Modeste » dans le cadre des dix ans de cette institution sétoise. Un bien bel hommage à ce lieu fondé en 2000 par Hervé Di Rosa et Bernard Belluc, désireux de faire découvrir et promouvoir le travail d’artistes, d’horizons aussi divers que variés, émergents ou renommés, quel que soit leur âge et leur sensibilité. Une décennie qui a vu près de 300 artistes exposer leurs œuvres sous le regard de plus de 250.000 visiteurs.« L’art modeste existe sur toute la planète, il est mondial… Il s’inspire des cultures autochtones et des sensibilités géographiques et historiques des lieux de production. Il est très enraciné dans son territoire mais se laisse le plus souvent aller au gré du vent des influences étrangères. L’art modeste, c’est le regard sans dérision du collectionneur ou de l’artiste sur les objets du quotidien et les créations inutiles, le plus souvent anonymes ou collectives ».


Les Patuas

Afin de célébrer une telle réussite, il fallait faire les choses en grand. Sous l’impulsion d’Hervé Di Rosa, inventeur de l’art modeste et commissaire général, le MIAM présente un large panorama de création symbole de la ligne directrice du musée depuis son ouverture. De l’art contemporain à la bande dessinée en passant par le street art, l’art populaire ou la culture underground, les Territoires de l’Art Modeste mettent à l’honneur des disciplines multiples et des démarches singulières toujours aussi étonnantes. Architecture, musique, arts graphiques et numériques, cinéma…le MIAM nous régale ! Vendredi 26 novembre, le rendez-vous était pris pour la visite organisée en présence des artistes. Nous avons pu découvrir ce que le Miam nous avait « cuisiné ». Autant vous le dire tout de suite, la surprise fut totale ! La scénographie d’Isabelle Allégret, collaboratrice de Patrick Bouchain (architecte du musée), est à la hauteur de l’évènement. Douze expositions au programme dont voici un avant-goût. Le parcours modeste commence avec Vitrines du collectif « Frédéric Magazine » qui a imaginé un cabinet graphique mobile ; Chez Bernard (Belluc) qui reconstitue sa maison musée ; La bande dessinée retrouvée où Robert Combas présente des planches de dessins inédits réalisés dans les années 40 ; Bamoun Picasso par Antonio Segui ou la découverte d’une collection de dessins africains contemporains ; Les cordeis & collections Artaud la nuit : recueils graphiques de poésies et chants populaires brésiliens ; De l’intérieur : paños, art carcéral chicano est une plongée dans le monde de la prison et de la communication entre détenus à l’aide de mouchoirs en coton illustrés ; NG et les patuas, exposition de rouleaux peints et installation sonore et visuelle ; Aux marges de l’Art Brut qui met en lumière une discipline phare du Miam ; Street Art avec un mur de Rostarr issu du crew new-yorkais Barnstormers ; Le livre qui voulait être un jeu vidéo par Etienne Mineur et Bertrand Duplat qui travaillent sur la lecture du XXième siècle ; PQ Ville présente une partie du décor de la Science des Rêves du réalisateur Michel Gondry et Rocanrolorama, l’orchestre mécanique miniature de Pascal Comelade. Miam miam !!!

Robert Combas

www.miam.org