Vous connaissiez sans doute Eero Aarnio, concepteur de la célèbre Ball Chair. Pour ce 46ème numéro nous vous présentons un autre Eero des temps modernes, Saarinen. Américain mais finlandais d’origine, il est reconnu comme un des acteurs majeurs du style international.

La Finlande a connu des Eero. Deux d’entre eux sont particulièrement célèbres dans la sphère internationale du design et de l’architecture : Aarnio et Saarinen. Le premier est toujours en activité mais le second, celui qui nous intéresse aujourd’hui, a vécu une carrière assez courte jusqu’à son décès en 1961. Ce qui ne l’a pas empêché de se faire un nom, devenu incontournable.

Parfois controversé mais indubitablement doué, Eero Saarinen a marqué la période appelée « The American

Century » avec des réalisations impressionnantes comme le St Louis Gateway Arch, le centre technique de General

Motors ou l’aéroport JFK de New-York ou encore les iconiques chaises Womb et Tulip.

Fils de l’architecte Eliel Saarinen et d’une mère artiste, Eero fait partie de cette deuxième génération de modernistes mise sous les feux des projecteurs après la seconde guerre mondiale. Il a, durant sa courte carrière, défini un nouveau vocabulaire architectural symbolisé par des formes, des matériaux et des technologies novatrices, teintées de références historiques. Saarinen est en quelque sorteà l’origine d’un monde nouveau, un monde moderne, affichant clairement des ruptures avec le passé.

Né en Finlande en 1910, il s’installe aux Etats-Unis en 1923 puis débute sa carrière au milieu des années 30 entouré de sa famille, dont son père, sa mère Louise et sa sœur Eva-Lisa, décoratrice d’intérieur. Très vite, Eero comprend que l’architecture doit englober différents domaines de création : du paysage global aux constructions en passant par les meubles et les objets de décoration. L’impulsion créative familiale lui permet de voir les opportunités se dessiner petit à petit jusqu’au premier succès : le projet de la galerie Smithsonian de Washington en remporté en 1939.

Adepte des collaborations, Saarinen travaille notamment aux côtés de Charles Eames et Ralph Rapson et séduit par se concepts de meubles et d’habitat en imposant un style « mainstream », aussi bien en Europe qu’Outre Atlantique

C’est après la mort de son père en 1950, qu’il se lance comme indépendant via son bureau Eero Saarinen & Associates pour devenir une «personne de culture » et pas seulement un architecte qui contribue à la culture, selon ses propres mots.

Malgré sa mort en 1961, Eero Saarinen a laissé derrière lui l’empreinte indélébile d’un créateur né, visionnaire qui avait compris les besoins d’une société changeante.

Aéroports, ambassades, mémoriaux, bureaux, campus, maisons… il a permis à l’Amérique de se forger une identité où l’utilisateur final prend plaisir à voyager  , travailler et se cultiver. Avec lui, l’Amérique prend un nouveau virage.

Une grande partie du mobilier phare d’Eero SAARINEN est toujours éditée par la maison Knoll International. Ainsi, il faut compter aujourd’hui sur le catalogue à peu près 900 euros pour une chaise Tulip avec une galette en Kvadrat et à partir de 1 200 euros pour une table de la même série. Du fait que l’offre est continuellement alimentée par une production, même si la demande est soutenue, la cote des éléments vintage dessinés par Eero SAARINEN reste stable ces dernières années. Comptez aujourd’hui150-200 euros pour une chaise Tulip non pivotante et 230-300 euros pour un modèle pivotant. Si la pièce est en très bon état et est vendue dans un ensemble complet de 4 ou 6 pièces, comptez alors jusqu’à 300 à 400 euros l’unité. Méfiez-vous des contrefaçons. Devant le succès du modèle Tulip, de nombreuses imitations, souvent italiennes et asiatiques, sont offertes sur le marché. Aussi   ,pour vous repérer :les modèles édités par Knoll sont signés au tampon Knoll International sous le pied, la coque du dossier est en résine et non en plastique, le piétement est en fonte d’aluminium et non en acier, les pieds sont recouverts deRilsan (peinture plastifiée) et non d’une laque ou peinture

N’hésitez pas devant un modèle dont la galette est endommagée. Un tapissier la reproduira à l’identique aisément, avec du kvadrat (tissu de la maison Knoll) pour75-150 euros. Quant au piétement, les restaurations du revêtement plastifié sont plus délicates. Consultez alors un carrossier pour un devis. Pour fêter le centième anniversaire de sa naissance, l’éditeur Knoll commercialise une série limitée de 100 exemplaires de la chaise Womb, garnie de cachemire Loro Piana.

© photo : D.R / Eero Saarinen & Florence Knoll

www.eerosaarinen.net