Hello Grems , comment ça va ? Peux-tu te présenter à nos lecteurs en quelques mots ? Raconte-nous un peu ton parcours… Eh bien bonjour, je m’appelle Michael ou Grems. Je suis un extraterrestre inadapté, perdu en Europe. Sur mon parcours, j’ai croisé plein d’astéroïdes, mais comme j’ai des super rayons lasers, j’ai réussi à passer tous ces champs d’astéroïdes facilement. J’ai plusieurs activités. Ma passion, le rap de l’espace et mon travail : dessiner pour tous les enfants de l’espace.

Tu es où en ce moment ? Tu travailles sur quoi ? Je suis à Paris, je viens d’arriver de Suisse où j’expose à la galerie www.lagrille.ch. Je pars ce soir (10 sept) à Berlin pour tourner un clip avec Disiz la Peste et Son of Kick, pour un EP que Son of Kick a signé sur Equinox. Et faire aussi quelques morceaux de musique avec les Foreign Beggars. J’ai travaillé donc pour l’expo Brocacola «Suisse», Sir Benny Miles «USA», Skunk Funk «Espagne», pour Nexitis Gestion «Paris» et pour les Foreign Beggars «London»… un mois d’août très chargé.

D’où vient ce nom d’artiste ? On peut dire que tu es un artiste pluridisciplinaire : graffiti, design graphique, musique… Comment arrives-tu à combiner ces différents univers ? Il vient du mot «Maigre» en verlan… ça a donné Grems. Je ne sais pas pourquoi mais j’adore ce nom. Je ne suis qu’un artiste, je pense que c’est plus simple de dire cela. Ma musique est vraiment autant connue que mon design, mais la musique c’est pour rire car il me parait utopique de croire qu’avec de la vraie musique on puisse devenir riche. Je combine tout car ce sont des univers complémentaires.

Tu aimes bien contourner les « règles », dépasser certaines frontières pour proposer des choses vraiment novatrices dans ta musique. Est-ce aussi le cas pour le design graphique ? Disons que comme toute personne normale, j’ai compris que «j’apprends toujours d’ailleurs…». Je me suis entrainé pendant 10 ans, afin de peaufiner mon propre style. Car, selon moi, ce qu’on attend d’un artiste, c’est de proposer quelque chose de différent. J’adore la peinture abstraite. Devant une toile de Pollock, je sais tout de suite que c’est lui et ça j’aime. Avoir son touché, son style… c’est important, car aujourd’hui c’est la foire aux plagiats avec tous ces gens qui bricolent avec Photoshop et se prennent pour des DA.

As-tu une manière particulière de travailler ? Quelles sont tes sources d’inspiration ? Je ne vais tout de même pas te dévoiler ma technique ! Mais c’est sûr que ce n’est pas de la palette graphique…. Mes sources sont vastes. Expressionisme, abstrait, Dada, peinture préhistorique, art aborigène, représentations religieuses, pubs américaines des années 60… J’aime plein de choses.

D’où vient ce petit bonhomme que l’on retrouve souvent sur tes visuels ? C’est le papa Grems. C’est pour que ma fille me reconnaisse partout dans le monde. Il est venu comme ça un jour et depuis je ne le lâche pas.

Tu as vécu à Montpellier et désormais tu es à Londres. Tu avais besoin de « changer d’air » pour faire évoluer la « Grems Industry » ? Oui effectivement, j’en avais besoin. Ici c’est vraiment n’importe quoi… Une femme peut enlever un enfant à son père qui n’a aucun droit… on jette des roms à la frontière … tout le monde s’en fout. Ce pays est formidable, mais tout le monde dit que c’est de la merde… sans même savoir pourquoi, sans faire de parallèle avec ce qu’il peut y avoir ailleurs. La France c’est le centre du monde pour les français, mais pour beaucoup d’étrangers, c’est parfois le centre des cons. Ici, tu réussis, on te crache dessus…, ici les gens parlent, ils parlent mais en gros ils ne font pas grand-chose.

Attention, ce n’est pas une généralité… mais tout de même un triste constat. En France, il y a toujours eu un niveau monstrueux de créativité, on pourrait presque dire le meilleur… mais comme personne ne se serre les coudes, bah c’est mal barré et ça fait des gens comme moi, qui se barrent pour aller voir ailleurs.

Comment se sont déroulées les collaborations avec Nike et Swatch par exemple ? C’est la classe d’avoir une paire d’Air Max à son effigie ! Swatch aussi se donne une autre identité avec le modèle que tu as créé… Et bien disons que ces entreprises sont venues me chercher directement après avoir vu tourner des travaux à moi sur des magazines ou des flyers. C’est assez la classe d’avoir des Nike à son nom, je trouve…. un rêve de gosse, disons… j’en profite.

Il y a également les visuels pour la RATP…Comment as-tu réussi à décrocher cette collaboration ?La Ratp aussi est aussi venue me chercher. Comme des grands… ils ont vu un visuel que j’avais fait et ils voulaient la même chose. Ça a été long à réaliser mais c’était vraiment un beau projet.

Quel est ton programme d’ici la fin de l’année ? Un passage à Montpellier est-il prévu ? Un passage à Montpellier, un album avec Disiz, la promotion de Brokabilly, la compil Deep Ro, ma marque Usle, un tour en Suisse et en Allemagne, une installation provisoire à Bruxelles. Et surtout prouver chaque jour à travers mes dessins et mon travail, mon amour pour ma petite fille. La vie nous a provisoirement séparés.je poursuis ce combat long et douloureux que je gagnerai pour elle.

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