A bientôt 103 ans, le brésilien Oscar Niemeyer est sans doute le plus ancien architecte encore en activité ! Figure incontournable de l’architecture moderne, il fut notamment à l’origine de la construction de Brasilia, devenue capitale du Brésil en 1960.

Quand la plupart des gens prennent leur retraite aux alentours de la soixantaine, certaines autres continuent d’exercer leur métier avec vigueur et passion. C’est le cas de l’architecte brésilien le plus célèbre de la planète, Oscar Niemeyer. Même si les projets architecturaux se font un peu plus rares depuis quelques années, le carioca, qui va fêter son 103ème anniversaire cette année, n’est toujours pas prêt de s’arrêter. Connu pour son « attachement » au parti communiste, concepteur de centaines de bâtiments aux quatre coins du monde et pionnier de la fondation de la capitale brésilienne, Oscar Niemeyer a traversé les époques sans jamais se laisser dépasser.

Sa très (très) longue carrière débute dans les années 30 après des études à l’Ecole Nationale des Beaux- Arts de Rio de Janeiro, sa ville natale. Rapidement « irrité » par l’enseignement trop conventionnel à son goût de l’établissement et attiré par le mouvement moderniste européen en pleine ascension à cette époque, il décide de parfaire sa formation de manière autodidacte et entre en stage chez Lucio Costa, fervent adepte du style Le Corbusier qu’il véhicule au Brésil.

 » Le béton suggère des formes souples, des contrastes de formes, par une modulation continue de l’espace qui s’oppose à l’uniformisation des systèmes répétitifs du fonctionnalisme international ». Oscar impose sa griffe, caractérisée par une utilisation poussée du béton, sur tout le territoire et bientôt à l’international avec notamment la réalisation du siège de l’ONU à NYC (1952) en compagnie justement de Le Corbusier. Suite à ce gros projet d’ailleurs, le président du Brésil demande à Niemeyer de participer à la construction des principaux équipements publics de la nouvelle capitale Brasilia (inaugurée en 1960) dont le concours du plan d’urbanisme a été remporté par un de ses mentors, le fameux Lucio Costa. La grande aventure démarre pour Oscar qui édifie le Congrès National, les ministères, théâtres et musées du nouveau centre économique, politique et culturel brésilien. Sa carrière et sa réputation prennent alors une toute  autre envergure. Son activité s’organise désormais principalement entre son pays natal, les Etats-Unis et l’Europe.

Son tour du monde ne fait donc que commencer dans les années 60 puisqu’il ne cessera de voyager entre les grandes capitales, qui lui doivent beaucoup dans leur développement urbain et culturel. En 1967, direction la France où l’architecte s’exile (1967) suite à l’instauration du régime militaire dans son pays. Il y conçoit le siège du parti communiste (1965-1980), le siège du journal l’Humanité (1989), la Maison de la Culture du Havre (1978-1982) ou encore la Bourse du Travail. Son exil terminé après la fin de la dictature au milieu des années 80, Oscar Niemeyer rentre au pays pour y poursuivre ses florissantes activités : Parlement Latino-Américain, Musée d’Art Contemporain de Niterói (1991-96), Auditorium de Sao Paulo (2003), centres culturels, monuments… sans oublier les projets étrangers bien sûr. A 103, ans le pape de l’architecture moderniste a encore des projets en tête.

Quelle vitalité !

© photo : D.R

www.niemeyer.org.br