Photographe anglais et engagé, Tim MacPherson a débuté dans la presse en collaborant notamment avec le Sunday Times, GQ, The Telegraph ou Tatler. Progressivement il s’est orienté vers la publicité et la photographie plus artistique, où s’est révélé son naturel et incroyable sens de l’esthétique.

Pourquoi avoir choisi ce métier ? Depuis quand exercez- vous le métier de photographe ? Cela fait près de 20 ans que je fais de la photo. J’ai fait des études d’art avec une partie consacrée à la photographie. Mon professeur m’a fait connaître les grands photographes comme Brassai, Cartier-Bresson, Man Ray, Sudek et Friedlander. Leurs travaux m’ont complètement bouleversé. Je n’avais jamais vu ça auparavant. Cela m’a conduit à shooter en noir & blanc et à apprendre les techniques de développement. Après une tentative ratée d’intégrer une formation débouchant sur un diplôme, je suis devenu assistant pour un petit studio photo de Mayfair. Ils utilisaient des formes traditionnelles de photographie comme le format 10×8, l’éclairage Tungsten et des techniques de traitement elles aussi traditionnelles. J’ai beaucoup appris pendant deux-trois ans et j’ai également été sensibilisé à la peinture et à la sculpture que je photographiais. Quand j’ai commencé à faire mes propres clichés, j’ai capté petit à petit une certaine symétrie et la composition graphique. Je shootais beaucoup d’artistes qui venaient au studio et je me suis fait progressivement des relations dans le milieu. J’ai pris confiance en moi et je me suis finalement lancé comme assistant freelance. J’ai alors collaboré avec des photographes dans l’éditorial (Jillian Edelstein) ou la publicité (Frank Herholdt). Des vrais personnages dotés d’une vision particulière, une identité propre et qui travaillaient très dur. Avec eux, je me suis constitué un portfolio et je suis allé démarcher les magazines, les agences de création dans le but d’être commissionné. C’est Aidan Sullivan, directeur du service photo du Sunday Times Magazine qui m’a permis d’avoir des commandes régulières en publiant plusieurs de mes clichés personnels.

Au début vous travailliez beaucoup pour les magazines, votre carrière a désormais pris une autre direction, plus artistique…n’est-ce pas ? Je n’ai jamais été un très bon reporter photo. J’aime considérer les choses, visualiser des idées et préparer le shooting. Je préfère avoir du temps, pouvoir expérimenter les techniques d’éclairage… Ce sont de choses qui me correspondent mieux et qui sont évidemment plus faciles avec un budget important. Cette évolution s‘est faite naturellement. Mais je travaille aussi sur des projets plus commerciaux où la marque est reine. Mais parfois vous avez la chance de rencontrer des directeurs artistiques qui vous permettent de mettre en avant des idées intéressantes. Dans un sens, participer à des gros projets ouvre des portes pour faire évoluer votre travail personnel.

Etes-vous plus ou moins engagé dans les causes qui sont défendues à travers vos photos comme l’autisme par exemple ? Ce sont des sujets qui vous touchent ? J’aime vraiment travailler sur des campagnes publicitaires pour des oeuvres de charité. C’est très valorisant. Tout le monde semble travailler plus dur pour produire quelque chose qui vaut la peine, qui donne de l’espoir et qui engage le public d’une manière ou d’une autre.

Les gens, leurs visages… sont très présents sur vos clichés. Les portraits sont un domaine dans lequel vous excellez… Leurs expressions vous fascinent- elles ? J’ai toujours été influencé par ces pionniers du métier qui utilisaient leurs appareils pour photographier les gens. En utilisant des longues expositions, les modèles doivent tenir leurs positions et affichaient ainsi de merveilleux visages. Plus tard, j’ai eu très envie de capturer les émotions, les vraies, le rire, la colère ou la tristesse. Quoi que ce soit qui inclut une « totale » expression.

Avez-vous déjà essayé de descendre un escalier avec des skis ou surfer sur votre canapé ? Jamais sur des skis, bien que j’aie été tenté par le cliché, ca me paraissait super amusant. Quand j’étais jeune, de descendais les escaliers à vélo, ce qui faisait d’ailleurs très peur à ma mère. Je venais juste de regarder Steve Mc Queen sur sa moto dans La Grande Evasion et l’escalier semblait se rapprocher le plus près des barricades de barbelés du film. En fait, j’aime l’imagination des enfants. Il n’y a aucune barrière adulte pour les arrêter de penser à quelque chose comme ça et de le faire ensuite.

Y a-t-il quelque chose ou quelqu’un en particulier que vous aimeriez photographier ? Un de mes shootings les plus excitants fut celui du peintre Patrick Heron dans sa maison de St Ives en Cornouailles juste avant sa mort. J’ai passé un excellent weekend end avec lui où j’ai pu visiter ses magnifiques jardins qui lui servaient de source d’inspiration pour ses peintures. J’aimerais bien photographier les plus grands artistes et sculpteurs dans leurs environnements.

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