J*WLS de son vrai nom Julie Bouiguerourene est une graphiste-illustratrice, mais pas que…Parfois cartésienne, souvent « caféinée », volatile voyageuse arrivée de Lille à Paris en passant par Seattle et Tokyo, elle a récemment réalisé le visuel du festival K-Live de Sète.

Pourquoi avoir choisi ce nom d’artiste ? C’est parti de « Jools » pour la consonance, ça remonte à Seattle, au diminutif que mon prof de 3D me donnait – et c’est devenu J*WLS pour son côté graphique et sa petite étoile qui s’amuse du quiproquo avec « Jewels » (a girl’s best friends !) … en plus il apparaît en tête de liste dans les recherches Google, il fait finalement bien son job 🙂

D’où vient cette passion pour le graphisme et l’illustration ? Pourquoi avez-vous décidé d’en faire votre métier ? J’ai toujours eu un faible pour la pâte à sel, la pyrogravure et les colliers de nouilles… mais bon… j’ai d’abord passé un DEUG de LEA pour assurer mes arrières et mes parents. Puis j’ai fait le grand saut en m’envolant à Seattle à 20 ans pour y suivre des études d’animation (2D/3D) et de graphisme. Ça a changé mes perspectives, j’ai bossé dur, j’ai absorbé tout ce que je pouvais en cours et en autodidacte. J’ai travaillé dans diverses boîtes à mon retour en France avant de pouvoir me mettre à mon compte quelques années plus tard et me diriger vers l’illustration numérique. C’est une passion certes, mais qui demande beaucoup de rigueur quand on souhaite la pratiquer en indépendant. Après une année sans filet à Tokyo puis une autre à Paris, j’essaie aujourd’hui d’équilibrer du freelance et un plein-temps.

Vous êtes complètement portée sur la création numérique. Pourquoi ce choix ? J’ai commencé mes études de création numérique quand les outils étaient tout frais, il y avait un esprit de ruée vers l’or dans ces métiers, c’est excitant de suivre une route pas encore pavée… Les outils se sont beaucoup développés depuis, les créations aussi ; le challenge technique est permanent.

Comment s’articulent les différentes étapes de création chez vous ? Quelles sont vos sources d’inspiration ? Y a-t-il un élément que vous privilégiez en particulier ? Hormis quelques gros travaux, souvent personnels, sur lesquels je peux avoir du recul, je travaille souvent à partir de thèmes précis, en composant un patchwork d’éléments inspirants trouvés sur le web (les 5% d’inspiration) et que je réinterprète à ma façon (les 95% de transpiration !).

Vous aimez diversifier les supports (magazines, t-shirts, espadrilles, badges, coussins…), n’est-ce pas ? Chaque support a ses contraintes et s’appréhende différemment afin de parvenir à un résultat impactant. D’une parution presse en quadrichromie à un design sérigraphié en une ou plusieurs couleurs, le mode de pensée est radicalement différent : le premier cas s’apparente plus à de la peinture faite de plusieurs couches de couleurs, de dégradés, de textures jouant les unes avec les autres alors que la sérigraphie s’apparente plus à un travail sur les contours et les masses, un peu comme de la gravure… Sauter d’une technique à l’autre empêche de s’enfermer dans un style redondant.

Avec quel type de clients travaillez-vous ? Comment s’organise le travail avec eux ? D’organisateurs de festivals (tels que K-Live à Sète), d’agences de com ou de presse magazine, en France ou à l’étranger, le travail s’organise toujours de la même façon : un brief, des mails, des ébauches, des retours en espérant des violons bien accordés…

Quel regard portez-vous sur le graphisme français ? Je suis persuadée que les styles ne s’arrêtent pas aux frontières mais là où on fait traîner les yeux. Internet et la facilité de voyager ayant fait exploser les barrières, on assiste à un vrai melting-pot des styles. Ce qui donne d’ailleurs des choses complètement étonnantes tel que LOGORAMA, récemment « oscarisé » et réalisé par le collectif français H5, un petit bijou d’animé qui se déroule dans un Los Angeles reconstitué de plus de 3000 logos, et qui joue avec beaucoup de talent et d’humour sur la course-poursuite entre deux flics Bibendums et un Ronald Mc Donald’s déjanté.

Pouvez-vous nous parler un peu de vos projets en cours ? Y en a-t-il un dont vous rêvez ? Enfin un vrai site regroupant mes travaux qui sera prêt début juin (www.jwls.fr) et surtout des VACANCES auxquelles j’aspire profondément !


www.jwls.fr