Ilk est directeur artistique, graphic designer et illustrateur freelance, originaire de la région parisienne. Installé à Paris dans un bureau où il cohabite avec l’agence Colorz et le site Fubiz, Ilk nous éclaire sur son univers cosmopolite et coloré.

Peux tu nous parler un peu de ton parcours… (graffiti, études, pro…) ? J’ai obtenu laborieusement un bac Scientifique option Basketball, puis j’ai ensuite rodé dans les couloirs de Paris 8 pour obtenir un DEUG d’arts plastiques et un CPMST de la photographie et du multimédia. J’ai prolongé l’expérience en obtenant en un an un BTS de graphiste-maquettiste puis l’année d’après un diplôme supérieur d’arts appliqués en graphisme publicitaire. J’ai commencé mes armes en faisant des packagings pour Disney en 2002, puis j’ai bossé deux ans chez Tribeca en tant que directeur artistique junior jusqu’à me mettre en Freelance en 2006. Le graffiti a toujours bercé ma vie, c’est plus qu’une passion, c’est un style de vie, une culture bien ancrée. Je peins et tague depuis 1998 et ce n’est pas prêt de s’arrêter.

J’ai lu que tu étais passé par plusieurs écoles et que tu avais suivi des formations sur différentes disciplines (graphisme, multimédia, photo, illustration…). Tu t’es façonné un univers très large où s’entrecroisent de multiples inspirations. Peux-tu nous en dire un peu plus sur ta sphère créative, tes influences ? Mes influences sont vastes, ça va du graffiti au tatouage en passant par la publicité, le skate et les packagings. Mais avant tout ce sont mes proches qui me boostent et me motivent chaque jour. Leur propreté ou leur créativité sont un leitmotiv permanent. Je pense à des gens comme Tyrsa, Baer, Koa, Supakitch, Dize, Tomek… Même si mon dieu reste Tim Burton, le plus créatif du monde à mes yeux. La musique également me passionne et influence mon travail, du métal au hip-hop en passant par le death métal, le rap, le hardcore, le hard rock, le trash métal…

Travailler en freelance te laisse-t-il plus de liberté à tous les niveaux ? Être seul n’est pas toujours évident non plus car il est plus difficile d’avoir du recul sur ton travail n’est-ce pas ? Être en Freelance possède un incroyable avantage, celui de pouvoir choisir ses clients, de moduler son emploi du temps à sa guise. Mais un sérieux et une rigueur s’imposent si on veut être en productivité permanente. Effectivement l’inconvénient reste le manque de recul sur son travail et sur soi-même. Pour pallier à çà, et après 4 ans de bons et loyaux services tout seul avec mon chat, j’ai décidé de prendre un bureau dans Paris, et de pouvoir échanger à tous niveaux avec des professionnels, d’avoir des avis sur mon travail. Au final la critique permet d’avancer plus vite et de ne pas stagner des jours sur une problématique.

L’univers et la pression d’une agence étaient-ils trop pesants ? Je suppose que c’est tout de même une étape nécessaire… Non, le passage en agence était une expérience incroyable, passionnante même. D’ailleurs je continue à travailler avec des agences de pub, com, web, … Le corporate, même si on n’en voit pas beaucoup sur mon site, représente les trois quarts de mon travail. Effectivement la case agence est obligatoire avant de se jeter dans la jungle du freelance, ne serait-ce que pour obtenir une rigueur et une méthodologie de travail.

Tu trouves le temps pour des travaux plus personnels ? Pas beaucoup, c’est toujours difficile avec les tonnes de commandes de clients, toujours plus ou moins corporate. On se fait toujours passer en dernier. J’aimerai gagner à l’euro million pour ne plus bosser que pour moi, même si d’ailleurs je suis mon client le plus chiant. 😉

Pas mal d’artistes deviennent petit à petit tatoueurs, qu’en est-il de ton côté ? C’est quelque chose qui te tente ? Cette question rejoint celle d’au-dessus, je serai ravi d’apprendre à tatouer, et de prendre le virage pour élargir mes surfaces d’actions. Mais le temps manque. Il faudrait que je puisse arrêter de travailler pendant au moins un mois ou deux pour être formé… Pour l’instant mon planning est plein, donc difficile de l’envisager dans un futur proche. Mais je ne désespère pas, bientôt j’espère !

Quels sont les projets à venir ? Du lourd en perspective, toujours des projets avec Mafia K’1 Fry, des projets dans le monde du graffiti, des collaborations avec des grosses marques pour des collabs, mais je ne préfère pas vendre la peau de l’ourson avant de l’avoir tué. Ca porte malheur. 😉


www.ilkilkilk.com